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Arnaud Montebourg, candidat du Grand Capital


Provocant, hein, comme titre ?

Et profondément injuste pour le candidat à la primaire qui passe, et de loin, le plus de temps à taper (et il n’a pas nécesssairement tort) sur les horribles banquiers.

Néanmoins, lors du débat d’hier, mon oreille a accroché sur sa Grande Solution Concrète pour le pouvoir d’achat. La proposition numéro un sur ce thème, si j’en crois son site :

Solution N°1 : le partage des dividendes avec les salairés

Dans les entreprises qui font des bénéfices, la répartition égalitaire entre les propriétaires et les salairés des dividendes. Pour ces entreprises, une loi prévoira que pour un Euro versé aux propriétaires et actionnaires, un euro devra être versé aux salariés.

Et là, je m’insurge, et les bras m’en tombent. La solution numéro 1 pour le pouvoir d’achat d’Arnaud Montebourg, c’est, à quelques détails cosmétiques près (taux négocié contre taux fixé par la loi, essentiellement), exactement le même mécanisme que la prime Sarkozy votée cet été.

Une proposition contre laquelle l’ensemble de la gauche, syndicale et politique, s’est, à juste titre, fortement mobilisée. Jusquà un charismatique député de Saône-Et-Loire, qui disait, de cette proposition du gouvernement :

Cette prime [...] ne concerne pas les entreprise qui ne versent pas de dividendes, même quand elles gagnent beaucoup d’argent.[...]
C’est une supercherie, une de plus !

Je suis bien d’accord avec toi, Arnaud, c’est une supercherie, une injustice qui, comme le rappelait la CFDT, ne bénéficiera pas aux salariés des PME, une proposition qui revient à intéresser les salariés… à l’enrichissement des actionnaires, comme le pointait FO, et qui évacue complètement la question centrale de la revalorisation des salaires, comme le signalait la CGT.

Je suis d’accord avec toi, Arnaud, c’est une très mauvaise proposition, injuste, inefficace, et ne correspondant pas aux valeurs de la gauche.

Je ne suis pas d’accord avec toi, Arnaud, car c’est ta principale proposition pour le pouvoir d’achat

 

Sortir du nucléaire, impossible ?


C’est l’antienne traditionnelle des nucléocrates :

Sortir du nucléaire, mais vous n’y pensez pas, ce serait le retour à la bougie, bandes de zazous bobos irresponsables et écolos !

C’est vrai, ça, hein, il se passerait quoi si on arrêtait la majeure partie de nos belles et fiables centrales nucléaires ?

Il se trouve, malheureusement, que, suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon est en train de l’expérimenter, dans un contexte douloureux, brutal.

La dépêche AFP n’a pas fait grand bruit, l’info étant sans doute anecdotique comparée à la ruine annoncée des petits porteurs d’actions du CAC40, mais voilà :

Au 31 août, 80 % du parc nucléaire japonais était arrêté. Il ne restait que 11 tranches sur les 54 centrales japonaises qui tournaient. 80 % d’un parc tout à fait comparable au parc français arrêté. 

Pour autant, le Japon ne s’est pas effondré, n’est pas revenu à l’âge de pierre, et parvient encore à s’éclairer, à se chauffer, à faire fonctionner son industrie.

Et encore, cette réduction drastique de la capacité nucléaire japonaise s’est faite brutalement, et non pas dans le cadre d’un projet d’arrêt progressif sur une quarantaine d’années, selon par exemple les scénarios de NegaWatt.

Bref, sortir du nucléaire, c’est possible ; c’est uniquement une question de volonté politique.

 

Hollande, le sénat et les municipales


La gauche a gagné le Sénat !

L’évènement est d’importance, mais, en pleine campagne des primaires citoyennes, ça ne pouvait qu’entraîner quelques petites tentatives de récupération.

C’est de bonne guerre, sans doute, mais je dois dire que le déferlement des éléments de langage des soutiens de François Hollande, martelant systématiquement, sur le web, sur Twitter, sur les plateaux de télé, le même argument, à fini par m’insupporter :

« Si la gauche gagne aujourd’hui le Sénat, c’est grâce aux excellents des municipales de 2008, gagnées avec François Hollande comme Premier Secrétaire »

Le fait est que François Hollande était encore, au printemps 2008, le Premier Secrétaire du PS, en effet. Un Premier Secrétaire qui se faisait alors rouler dans la boue par à peu près tout le parti, y compris par ceux qui, aujourd’hui, sont fiers d’être le « coordinateur » de sa campagne (pour ne citer que ma tête de turc favorite).

François était tellement matraqué par tout le monde, en 2008, que j’avais pris la peine d’écrire un billet pour défendre le bilan du martyr du printemps 2008. Parce que j’aime bien François Hollande, même si la campagne qu’il mène actuellement n’est, à mon sens, pas la bonne, que je l’ai toujours apprécié, et que je continuerais à l’estimer si, d’aventure, il se retrouvait, disons, moins à la mode dans les semaines ou mois à venir.

Alors les voir, aujourd’hui, revendiquer pour Hollande un succès dont ils expliquaient, alors, qu’ils l’avaient obtenu « malgré le boulet du PS et de son premier secrétaire » (je cite apocryphement), ça me crispe pas mal.
Léchage, lâchage, lynchage, voir des gens adorer sans mesure ni pudeur ce qu’ils méprisaient hier -et vice-versa, d’ailleurs – m’interroge toujours sur notre capacité collective à faire progresser nos idées.

D’autant que, s’il faut faire le bilan des élections locales, il faut aussi prendre en compte les régionales de 2010, et les cantonales de 2011 – gagnées, elles aussi, mais avec une autre Première Secrétaire. Et que, sil faut faire le bilan de François Hollande Premier Secrétaire, alors, outre 2004 et 2008, grandes années électorales pour la gauche, il ne faut pas oublier non plus 2001, 2002, 2005, et 2007, années de lourdes défaites.
Ce que, précisément, à peu près personne au PS ne négligeait de faire en 2008.

In fine comme le suggérait le sage crazydiam après ma réaction à la remarque de jegoun, relayeur enthousiaste d’éléments de langage sur twitter, peut-être faudrait-il surtout se réjouir, collectivement, de cette victoire, des perspectives qu’elle offre, et dépasser l’auto-attribution de bons points.

La bulle des primaires continue de gonfler…


Y’a pas, une primaire, ça excite les médias, et, partant, ça encourage les initiatives toutes plus baroques et déstructurées les unes que les autres, dans une course désespérée pour être la chapelle qui fera référence. Quand, en plus, le candidat n’est pas encore candidat, ça ouvre la porte à toutes les fenêtres

Après les clubs DSK, les jsk, les GSK, la dernière initiative en date, la « DSK Corp« , pousse le concept encore plus loin que ses petits collègues …

Le Front Républicain pour les Nuls (2)


Reprenons, donc.
Dans un trop long exposé liminaire, je revenais sur l’historique des « Fronts Républicains », accords transcendant, parfois très largement comme pour le CNR, les frontières droite / gauche, toujours dans des contextes où les fondements républicains apparaissaient menacés.

C’est quoi, la République ?

Tout le monde n’étant pas Jean-Luc Mélenchon, Jean-Louis Debré ou Jean-Pierre Chevènement, la question mérite sans doute d’être posée (je me la suis d’ailleurs longuement posé pour rédiger cette note). D’autant que c’est pas Wikipedia qui va nous aider sur ce coup là ; le sujet en lui-même est vaste, alors s’il faut y inclure en plus toute la symbolique propre à la France, on n’est pas rendu.

La façon la plus simple de la définir, c’est, sans doute, de dire que la République Française, c’est tout ce que l’Etat Français de Pétain n’était pas.
C’est l’adhésion aux valeurs définies en 1789, réaffirmées dans le préambule de la Constitution de 1946, et qui constituent encore aujourd’hui, le socle de notre Constitution.
Pour aller au plus court, finalement, c’est, tout simplement, « Liberté, Egalité, Fraternité ».

J’ai beau tordre le cou dans tous les sens, je ne vois pas où, ni comment, le Front National pourra jamais être confortable avec le concept d’égalité ; en cela il reste pleinement dans la tradition de l’extrême-droite, des monarchistes des débuts de la IIIè – partisan d’une société, structurée, hiérarchisée entre groupes sociaux distincts, par leurs qualités, leur utilité sociale, et leurs droits.

Le débat dialectique entre droite et gauche, et les reconstructions idéologiques de l’après-guerre, tant dans la sociale-démocratie que dans la démocratie chrétienne, ont permis l’émergence d’un -relatif- consensus entre droite et gauche sur ces valeurs.

C’est précisément la contestation de ce consensus « égalitariste » qui constitue le fond idéologique du Front National, plus largement des partis de la droite extrême en Europe.

Et c’est ce consensus, construit quand même un peu sur les cendres de la seconde guerre mondiale, qu’il s’agit de défendre dans un cadre de Front Républicain – égalité « réelle » de la gauche et égalité « des chances » de la droite, face à la théorisation de l’inégalité de la droite extrême

 

Le Front Républicain pour les nuls (1)


Avec un petit temps de retard quand même, parce que sinon ça n’est pas drôle, je me suis dit qu’un petit retour sur le concept de « Front Républicain », joyeusement foulé au pied par l’UMP et mis à toutes les sauces, pouvait avoir un intérêt. Le principe est simple : lorsque un candidat du Front National est présent au second tour, alors son adversaire doit être soutenu par tous les autres partis, l’objectif étant d’empêcher l’élection du candidat FN.

Ce qui semble devenir un peu confus, au vu des positionnements exotiques de la droite, ce sont les raisons pour lesquels ce Front Républicain est, peut-être plus que jamais, légitime et nécessaire.

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Perben contre David : le match nul


Oui, je sais, un an déjà, tout ça, c’est mal. Et en plus je reviens à la fin de la campagne, alors que l’envie m’en titillait déjà depuis quelque temps. J’étais occupé – je le suis encore – à m’investir dans les campagnes de Walter et Cécile avec mes camarades de la section de Lyon 6. Et je pense qu’il était plus utile d’aller à la rencontre des citoyens que de ratiociner dans mon coin.

Mais, là, n’empêche, quand même, je craque pour un petit billet sur le fameux Canton du 6è Nord. Je ne refais pas l’historique, j’ose supposer que ceux qui atterrissent sur mon blog auront suivi la première partie, sinon c’est résumé la. Si la campagne de premier tour avait déjà été hautement raffinée, c’est, depuis qu’ils se retrouvent en tête-à-tête, un festival.

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Star Wars et le politiquement correct (épisode II)


(tiens, j’avais oublié l’épisode II dans mes brouillons, un an après, ça reste valable ???)

Bon, je racontais ci-dessous combien, et pourquoi, c’est nul Star Wars, objectivement. Les éléments subjectifs, comme le fait que mon cousin avait eu la maquette du Faucon Millenium pour Noël et pas moi, avaient été soigneusement ignorés.

Ce qui est intéressant, et qui marque un surprenant renversement des valeurs par rapport au modèle culturel français, notoirement élitiste, c’est la réaction spontanée des gens, et le gentil nivellement par le bas qui s’opère…

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Star Wars et le politiquement correct (épisode I)


Oui, je sais, c’est un sujet étrange pour relancer un peu un blog somnolent. Mais, promis, ce billet aux apparences délicieusement provocantes aura même une conclusion d’ordre politique. Bref…

Tout est parti d’un constat qui m’a frappé hier soir… Inexplicablement, je m’ennuie à mourir devant Star Wars, même en version remastérisée-HD-Dolby et des bêbêtes de synthèse rajoutées pour faire moderne.

Pourtant, je suis trentenaire, je suis informaticien, j’ai appris l’anglais en lisant (plusieurs fois…) l’intégrale de Tolkien, mais, rien à faire, à chaque rediffusion je retente ma chance mais je m’endors irrémédiablement avant la fin.

Bien sûr, pour des raisons de sociabilisation, je suis capable de masquer cette tare ; je peux tout à fait faire le cri de Chewbacca où mimer une bataille au sabre laser, et même soutenir une discussion (pas trop poussée) sur les mérites comparés d’un chasseur Tie et d’un X-Wing pour le combat au près. Dans mon milieu professionnel, c’est la condition sine qua non d’une intégration réussie.

Pourtant, hier soir, mû par une impulsion socialement suicidaire, j’ai lâche la bombe via un statut Facebook :

« En vrai, quand même, Star Wars, c’est nul »

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Toussaint 1987


Contrairement à notre Président, je n’étais pas à Berlin le 9 novembre 1989 avec un piolet.

Par un hasard d’un tonton militaire - occupé, avec beaucoup d’autres, à attendre que Rudolf Hess décède pour enfin pouvoir raser Spandau – j’avais donc pris le train de nuit pour Berlin.

La gare de Strasbourg un soir d’automne, ça vous posait tout de suite une ambiance ; dans l’imaginaire d’un adolescent en train d’étudier le XXè siècle au collège, le train de nuit s’avançant dans la brume pour vous emmener loin à l’Est avait déjà quelque chose de fantômatique, une plongée dans l’irréel digne des Voyageurs de l’Histoire (oui, j’étais jeune et il n’y avait que trois chaînes, ne jugez pas).

Arrivé à la frontière, ce sentiment d’extraordinaire allait s’accroissant.
En réalité, l’Allemand n’a rien d’une langue dure, gutturale.

Cependant, quand, dans la brume matinale, un VoPo sanglé dans son uniforme, portant casquette et manteau long, débarque dans votre compartiment pour demander, d’une voix fort dépourvue d’aménité, « Ausweis, bitte », avec le s’il vous plaît qui sonne comme un coup de trique, ce n’est pas le Roi des Aulnes qui vient en premier à l’esprit. Les contrôles -méticuleux- terminés, on occultait les fenêtres pour traverser l’Allemagne de l’Est – difficile alors de ne pas penser à Tintin au Pays des Soviets, et de s’interroger sur ceu qu’il ne faudrait pas voir.

Et puis c’est l’arrivée à la Bahnhof Zoo; c’est les années 80, ma grande soeur écoute Nina Hagen et se crêpe les cheveux. Berlin m’évoque alors plus Christiane F. que David Bowie (qui, incidemment, a écrit la monumentale et si berlinoise bande originale du film) ou le Bauhaus. De l’Allemagne, de Berlin, je ne connais alors que les clichés.

Il fait gris, il fait humide, le Mur, côté Ouest, est plus couvert de tags qu’un train de banlieue, la porte de Brandebourg est située en plein no man’s land, tout juste visible de l’Ouest grâce à une petite plate-forme (un mirador, de fait) permettant de surplomber les trois mètres de béton. La Potsdamer Platz est une zone sinistre, ouverte à tous les vents jusqu’au point où elle est coupée en deux par le Mur, le Mur, dont l’omniprésence n’est concurrencé que par la Gedächtniskirche, écho d’un autre totalitarisme pas si lointain. La ligne U2 du métro (c’était avant Achtung Baby et Zoo Station, enregistré par … U2 à Berlin), quand à elle, faisait une incursion souterraine à l’Est, traversant sans s’arrêter des stations fantômes, uniquement peuplées de VoPos portant Kalach.

Clou du séjour, nous avions même eu l’opportunité de faire une -brève- balade à l’Est, dont chaque moment reste ancré dans ma mémoire – et en même temps avec un sentiment d’irréalité.
L’opel Ascona noire, plaques armée française, de tonton.
Le passage à Checkpoint Charlie, avec toujours cette omniprésence de militaires, armés, antipathiques, contrôlant soigneusement nos Ausweis.

La vue de l’autre côté de la porte de Brandebourg, avec les VBL de l’Armée Rouge (plus probablement de l’armée Est-allemande, mais bon, on ne discute pas un souvenir) stationnés entre ses arches, et les rondes -au pas de l’oie, pour faire bonne mesure- des gardes surveillant la frontière, tournés non pas vers l’extérieur, comme tout bon militaire guettant l’arrivée des féroces soldats ennemis, mais vers l’intérieur, guettant le compatriote tentant de fuir cet univers litttéralement orwellien – pour une fois le mot n’est pas de trop.

La Karl-Marx Allee, vitrine du socialisme triomphant, qui n’est pas sans évoquer Sarcelles, mais qui masque mal les bâtiments vétustes, insalubres, cachés derrière ces riants HLM. La cantine pour le repas du midi, aux prix dérisoires (et encore, nous, occidentaux, payions sans doute plus cher), et ce repas partagé avec des gens tristes et des costumes ternes, mangeant en vitesse et sans se regarder un plat dont l’insipidité hante encore mes souvenirs – pour situer, des Knödel apparaitraient épicés par contraste.

L’Alexanderplatz enfin, coeur et fierté du régime, avec la Fernsehturm, la CongressHalle et ses vitres teintées, et son grand magasin Centrum, le plus grand magasin à l’Ouest du GOUM. C’est finalement en ce lieu, ou la RDA tenait à afficher sa puissance, à impressionner, que l’échec était le plus patent, en devenait presque risible tant il montrait l’autisme d’un système sclérosé, ayant de fait abandonné la compétition avec l’Occident depuis 25 ans pour n’être plus qu’une prison décatie à ciel ouvert.

Berlin-Ouest avait le KaDeWe, qui ne peut guère être comparé qu’à Bloomingdale ou Harrod’s – un lieu immense, opulent, ou l’on pouvait trouver littéralement tout – et même au-delà.
Berlin-Est avait le Centrum, un lieu immense aussi, désert, avec des kilomètres de rayonnages avec, ma foi, pas grand-chose à vendre (pour pas cher, certes) dessus. Trônant fièrement au premier étage, visibles dès la sortie de l’escalator de fiers postes de radio à galène, de rutilantes télévisions en formica au tube arrondi, du genre qu’on vendait déjà en brocante depuis bien longtemps chez nous, venaient « démontrer » la supériorité du système soviétique.

La Fernsehturm, elle, sans être particulièrement remarquable (les allemands, Ossies comme Wessies, ont une véritable passion pour ces bâtiments), avait quand même assez fière allure, avec sa boule d’aluminium façon Atomium Bruxellois et son restaurant panoramique qui tourne. A ceci près que, une fois de plus, même vu de 250 mètres d’altitude, revenait, omniprésent, Le Mur. Vue étonnante que cette bande de gazon, entièrement dégagé sur une bonne cinquantaine de mètres de large, parsemé de miradors et ceinturant à perte de vue Berlin-Ouest, d’autant plus morbide qu’il évoque irrésistiblement, avant qu’on ne comprenne, un équipement sportif, un stade…

Berlin, en 1987 était totalement, irrémédiablement allemand. Loin des clichés flonflons et bière, c’est en découvrant cette ville divisée, torturée, irrésistiblement attirante et pourtant si sinistre, que j’ai commencé à comprendre que l’Allemagne n’était pas qu’un pays de nageuses bioniques et de footballeurs à moustaches qui brisaient mes rêves platiniens, mais aussi, bien plus que la France, la patrie du romantisme. A percevoir, derrière la caricaturale « rigueur allemande », pourquoi cette nation avait produit autant de philosophes.

C’est à Berlin, en novembre 1987, que j’ai commencé à apprendre à aimer l’Allemagne. Et, puisqu’on est sur un blog poltiique, à privilégier l’approche sociale-démocrate (quoique je ne l’aurais pas dit ainsi à 13 ans) – les communistes avaient peut-être une esthétique et une architecture rigolote, mais je n’aurais pour rien au monde vécu dans le leur…

Pour ceux qui ont lu jusqu’au bout, on peut trouver un superbe billet de Dorham auquel j’ai quand même pas mal pensé en écrivant, et une superbe galerie de photos chez Jacques Poitou (à qui je dois la dernière image de ce billet, celle de l’AlexanderPlatz).